Aurevoir, Cookies

La disparition des Cookies de tierces partis

Cookies, témoins

473 : c’est le nombre de cookies (témoins, en français) que j’ai actuellement sur mon ordinateur. J’avoue être surpris parce que je ne m’attendais pas à en avoir autant. Ainsi, cela témoigne que des centaines de sites web amassent des informations sur ma navigation. Ça peut sembler énorme, mais avant tout inquiétant à une période où l’utilisation des données personnelles amassées en ligne constituent un enjeu.

Remarquez que je n’ai pas écrit ce billet pour débattre du bien ou du mal de l’utilisation des cookies, mais pour expliquer ce qu’ils sont réellement et pour expliquer ce que la fin des cookies de tierce partis va changer. Vous pourrez alors vous faire une tête là-dessus.

Commençons par la base : qu’est-ce qu’un cookie?

Il s’agit d’un fragment d’informations qui est emmagasiné sous le format texte sur votre ordinateur. Il permet à votre navigateur web de faciliter votre navigation et de la rendre plus rapide en lui rappelant certaines informations. Par exemple, lorsque vous retournez sur un site web et qu’on se souvient de vos informations pour vous connecter à votre compte, ce sont fort probablement des cookies qui lui viennent en aide. Imaginez un monde où vous devriez réellement vous souvenir de tous vos mots de passe que vous utilisez sur le web… La personne qui a inventé la fonction « J’ai oublié mon mot de passe » serait considéré comme un génie à même titre qu’Albert Einstein!

Par contre, là où les cookies ont mauvaise presse, c’est lorsqu’ils sont utilisés à des fins de marketing. Un exemple concret est celui de quitter une boutique en ligne, pour ensuite voir une annonce, sur les médias sociaux, concernant le produit que vous venez tout juste de consulter en ligne. Vous l’aurez deviné, ce sont les cookies de tierces partis qui permettent ce partage d’informations à d’autres partis. Ce sont aussi ces cookies qui font l’objet de législations pour réglementer la collecte des données un peu partout dans le monde. On peut prendre en exemple le GDPR, dans l’Union européenne, qui oblige de demander l’accord des internautes pour amasser leurs informations.

Maintenant, Google a réaffirmé mettre fin à l’utilisation des cookies de tierces partis sur Chrome, et ce, d’ici 2022, ce qui est une annonce de taille pour l’un des navigateurs les plus utilisés au monde. Étant donné que Safari et Firefox ne les utilisent plus depuis 2013, Google vient de planifier leur mort. Je viens de vous expliquer ce qu’est un cookie de tierce parti et je viens de vous dire qu’il n’y en aura plus… Ça semble contre-productif, non? Mais qu’est-ce qui va réellement changer?

Ce qui restera tel quel :
  • Ce ne sont pas tous les cookies qui vont disparaitre, seulement ceux de tierces partis. Vous n’aurez donc pas besoin de vous souvenir de vos mots de passe (fiouf!) ;
  • La fin de cette sorte de cookies était assez prévisible avec les nouvelles lois concernant la collecte de données personnelles qui s’adoptent un peu partout dans le monde. Même les grandes compagnies du web ont déjà commencé à s’y adapter ;
  • L’information sur les utilisateurs sera toujours collectée, mais par les First party cookies, qui sont ceux des sites web directement. Google cherche alors à rendre la vie plus privée sur le web.
Ce qui changera :
  • Les petites entreprises de tracking auront de la difficulté à survivre. En faisant ce changement, Google vient de recentrer la collecte des données vers ses propres outils, au détriment des plus petites solutions de tracking et de marketing en ligne ;
  • Les données qui seront toujours amassées seront utilisées différemment et il y aura probablement (lire assurément) beaucoup d’innovation à ce niveau.

Peu importe ce qui va se passer d’ici la fin de l’année, les technologies sont toujours en évolution sur le web. Il y aura toujours des nouveaux moyens d’amasser des données et de les utiliser en publicité. Avec les polémiques des dernières années sur l’utilisation des données, la bonne nouvelle est que l’on poursuit l’évolution vers une utilisation qui est de plus en plus dans l’intérêt des consommateurs. Il n’est pas fou de croire que dans le futur, vous ne verrez que des publicités qui vous sont pertinentes, utiles et non dérangeantes (vous ne verrez peut-être plus deux annonces consécutives en plein milieu de votre visionnement YouTube). Il reste du travail, mais nous sommes assurément sur la bonne voie.

 

Rédigé par : Jean-Nicolas Lévesque